Atelier Energies et Santé - "Stratégies pour une santé optimale"

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Comment apprendre à méditer,
la méthode "hesychaste"


gentianes
L'homme d'aujourd'hui est comme perdu, il cherche - mais nous cherchons tous depuis que nous existons sur cette terre - comment se retrouver lui-même. Il oublie que c'est en respectant les grandes Lois de la Vie, et en se tournant vers celui qui l'a fait, à savoir Dieu, son Créateur, qu'il pourra se retrouver lui-même. Mais il vit cette recherche dans une telle agitation, dans un tel désordre, qu'il cherche à expérimenter n'importe quel moyen pour parvenir à se retrouver.

La méditation hésychaste enseigne à recentrer son esprit, à le diriger vers le centre, vers l'essentiel. Elle acquiert ainsi, sans vraiment y prétendre, une pertinence pour notre monde moderne : capacité de concentration, vivre le moment présent, calme, paix intérieure, autant de qualités de plus en plus recherchées chez les hommes et femmes d'affaires, les gestionnaires, les athlètes, etc.






La Prière de Jésus

fait partie intégrante de la tradition spirituelle hésychaste, dont les origines remontent aux Pères du désert des IVe et Ve siècles. De nos jours, la Prière connaît une étonnante popularité, non seulement parmi les orthodoxes, mais aussi parmi les chrétiens d'autres confessions. La Prière de Jésus est une tradition vivante qui peut mener aux sommets de la vie spirituelle.

Le mot grec hsuxia (hésychia) signifie "calme, paix, sérénité, silence, recueillement, quiétude, tranquillité du coeur". Mais un repos de l'esprit dans une attitude active et vigilante...

L'hésychasme représente le coeur intime de la spiritualité orthodoxe, le choix de «la meilleure part», la réponse au commandement «quand tu veux prier, entre dans ta chambre», la chambre du coeur, le centre unifiant de l'être.

En Occident, la Prière de Jésus est resté très longtemps inconnue, comme d'ailleurs toute la tradition hésychaste, à cause de la séparation des Églises d'Orient et d'Occident et des controverses théologiques concernant l'hésychasme au XIVe siècle.
  • À l'écoute des grandes traditions spirituelles de l'histoire, qu'est-ce que méditer ?
  • Pourquoi, comment, où et quand méditer ?
  • Quelles sont les différentes postures possibles pour la méditation ?

  • Quels sont les fruits de la méditation ? : Apprendre à vivre le présent du corps, de la respiration et de la détente comme des lieux de sensibilisation au silence intérieur, une introduction à la parole sacrée, rythmée sur la respiration.

Références :
Lucien Coutu : La méditation hésychaste - à la découverte d'une grande tradition de l'Orient. Fides, 1996.
Une interprétation contemporaine de la tradition hésychaste

Irénée Hausherr : La méthode d'oraison hésychaste. "Orientalia Christiana", IX-2. Rome, 1927.
Un des premiers écrits occidentaux "modernes" sur l'hésychasme.




A un jeune pèlerin qui le questionnait, le père Séraphin du Mont Athos répondit :
"Avant de parler de prière du coeur, apprends d'abord à méditer comme la montagne..."
et, lui montrant un énorme rocher : "Demande-lui comment il fait pour prier, puis reviens me voir."

Méditer comme une montagne :

Le Mont Aiguille, Vercors
    La première indication concerne la stabilité. L'enracinement d'une bonne assise.
    En effet, le premier conseil que l'on peut donner à celui qui veut méditer n'est pas d'ordre spirituel, mais physique : assieds-toi.
    S'asseoir comme une montagne, cela veut dire aussi prendre du poids : être lourd de présence. Les premiers jours, le jeune homme avait beaucoup de mal à rester ainsi immobile, les jambes croisées, le bassin légèrement plus haut que les genoux... Un matin, il sentit réellement ce que voulait dire méditer comme une montagne. Il était là de tout son poids, immobile. Il ne faisait qu'un avec elle, silencieux sous le soleil. Sa notion du temps avait complètement changé. Les montagnes ont un autre temps, un autre rythme.

    Etre assis comme une montagne, c'est avoir l'éternité devant soi, c'est l'attitude juste pour celui qui veut entrer dans la méditation : savoir qu'il a l'éternité derrière, dedans et devant soi.

    Il faut réapprendre à être, à être tout simplement - sans but ni motif. Méditer comme une montagne, c'est la méditation même de l'Etre, "du simple fait d'Etre", avant toute pensée, tout plaisir et toute douleur.

    Au bout de quelques semaines, le jeune homme semblait avoir pris du poids. Sa démarche était plus tranquille. La montagne semblait lui être entrée dans la peau. Il savait prendre du temps, accueillir les saisons, se tenir silencieux et tranquille comme une terre parfois dure et aride, mais aussi parfois comme un flanc de colline qui attend sa moisson.

    Méditer comme une montagne avait également modifié le rythme de ses pensées. Il avait appris à "voir" sans juger, comme s'il donnait à tout ce qui pousse sur la montagne "le droit d'exister".

    Mais le but de la méditation n'est pas de faire de toi une souche morte, mais au contraire, "un homme vivant, énergique".

    Le vieux moine prit alors le jeune homme par le bras et le conduisit dans le fond du jardin où parmi les herbes sauvages on pouvait voir quelques fleurs. "Maintenant, il ne s'agit plus de méditer comme une montagne stérile. Apprends à méditer comme un coquelicot, mais n'oublie pas pour autant la montagne..."


Méditer comme un coquelicot :

coquelicot
    C'est ainsi que le jeune homme apprit à fleurir...

    La méditation, c'est d'abord une assise et c'était ce que lui avait enseigné la montagne.
    La méditation, c'est aussi une "orientation" et c'est ce que lui enseignait maintenant le coquelicot : se tourner vers le soleil, se tourner du plus profond de soi-même vers la lumière.
    En faire l'aspiration de tout son sang, de toute sa sève. Cette orientation vers le beau, vers la lumière le faisait quelquefois rougir comme un coquelicot. Comme si "la belle lumière" était celle d'un regard qui lui souriait et attendait de lui quelque parfum...
    Il apprit également auprès du coquelicot que pour bien demeurer dans son orientation, la fleur devait avoir "la tige droite" et il commença à redresser sa colonne vertébrale.

    Mais l'homme a besoin d'énergie, alors, au moment de la méditation, redresse-toi, sois vigilant, tiens-toi droit vers la lumière, mais sois sans orgueil... d'ailleurs si tu observes bien le coquelicot, il t'enseignera non seulement la droiture de la tige, mais aussi une certaine souplesse sous les inspirations du vent et puis aussi une grande humilité..."

    Mais l'enseignement du coquelicot est aussi dans sa fragilité.
    Il faut apprendre à fleurir, mais aussi à faner. Le jeune homme comprenait mieux les paroles du prophète : "Toute chair est comme l'herbe et sa délicatesse est celle de la fleur des champs. L'herbe sèche, la fleur se fane... Les nations sont comme une goutte de rosée au bord d'un seau... Les Juges de la terre à peine sont-ils plantés, à peine leur tige a-t-elle pris racine en terre... alors ils se dessèchent et la tempête les emporte comme un fétu". (cf. Isaïe 40).

    ► La montagne donne le sens de l'Eternité, le coquelicot enseigne la fragilité du temps : méditer, c'est connaître l'Eternel dans la fugacité de l'instant, un instant droit, bien orienté. C'est fleurir le temps qu'il nous est donné de fleurir, aimer le temps qu'il nous est donné d'aimer, gratuitement, sans pourquoi, car pour qui ? Pourquoi fleurissent-ils, les coquelicots ? Il apprenait ainsi à méditer "sans but ni profit", pour le plaisir d'être, et d'aimer la lumière. "L'amour est à lui-même sa propre récompense", disait saint Bernard. "La rose fleurit parce qu'elle fleurit sans pourquoi", disait encore Angelus Silesius.

    Puis le père Séraphin commença à secouer le jeune homme et l'entraîna par un chemin abrupt jusqu'au bord de la mer : Aie aussi le coeur marin. Apprends à méditer comme l'océan".



Méditer comme l'océan :

océan
    C'est l'art d'accorder son souffle à la grande respiration des vagues.
    J'inspire, j'expire... puis, je suis inspiré, je suis expiré. Je me laisse porter par le souffle, comme on se laisse porter par les vagues...
    C'est apprendre que méditer, c'est respirer profondément, se laisser être le flux et le reflux du souffle. Apprendre que s'il y a des vagues en surface, le fond de l'océan demeure tranquille.

    Les pensées vont et viennent, nous écument, mais le fond de l'être reste immobile. Méditer à partir des vagues que nous sommes pour perdre pied et prendre racine dans le fond de l'océan.

    "L'Existence est une mer sans cesse pleine de vagues. De cette mer les gens ordinaires ne perçoivent que les vagues. Vois comme des profondeurs de la mer d'innombrables vagues apparaissent à la surface, tandis que la mer reste cachée dans les vagues".

    "Ecoute qui est là à la fin de ton expir. Qui est là à la source de ton inspir. Il y a là en effet quelques secondes de silence plus profondes que le flux et le reflux des vagues, il y a là quelque chose qui semble porter l'océan . . .

    "Mais être dans une bonne assise comme la montagne, être orienté droit dans la lumière comme le coquelicot, respirer comme un océan, ce n'est pas encore la méditation hésychaste, lui dit le père Séraphin, tu dois maintenant apprendre à méditer comme un oiseau".


Méditer comme un oiseau :

oiseau
    Dans le premier testament, la méditation est exprimée par des termes de la racine "haga" rendus le plus souvent en grec par mélété - meletan - et en latin par meditari - meditatio. La racine en son sens primitif signifie "murmurer à mi-voix".

    Elle est également employée pour désigner des cris d'animaux, par exemple le rugissement du lion (Isaïe 31,4), le pépiement de l'hirondelle et le chant de la colombe (Isaïe 38, 14), mais aussi le grognement de l'ours. Il faut méditer avec ta gorge, non seulement pour accueillir le souffle, mais aussi pour murmurer le nom de Dieu jour et nuit..."

    Quand tu es heureux, presque sans t'en rendre compte, tu chantonnes, tu murmures quelquefois des mots sans signification, et ce murmure fait vibrer tout ton corps de joie simple et sereine.

    Méditer, c'est murmurer comme la tourterelle, laisser monter en soi ce chant qui vient du coeur, comme tu as appris à laisser monter en toi le parfum qui vient de la fleur . . . méditer, c'est respirer en chantant.

    ► Invoque le nom de Dieu, murmure une phrase, une prière, mais ne cherche pas trop à saisir le sens de cette invocation, elle se révélera d'elle-même à toi. Pour le moment sois sensible et attentif à la vibration qu'elle éveille dans ton corps et dans ton coeur. Essaie de l'harmoniser paisiblement avec le rythme de ta respiration.
    Quand des pensées te tourmentent, reviens doucement à cette invocation, respire plus profondément, tiens-toi droit et immobile et tu connaîtras un commencement de la paix que Dieu donne sans compter à ceux qui l'aiment.

    Ce bourdonnement t'accompagnera comme le bourdonnement accompagne l'abeille lorsqu'elle fait son miel. Il n'est pas toujours nécessaire de "bourdonner" avec les lèvres. Le bourdonnement devient alors plus intérieur et sa vibration plus profonde.

    Le père Séraphin lui dit alors : " Maintenant, tu n'es pas loin de méditer comme un homme. Je dois t'enseigner la méditation d'Abraham".



Méditer comme Abraham :

Abraham
    Souvent l'homme a perdu le contact avec le cosmos, avec le rocher, avec les animaux et cela n'est pas sans provoquer en lui toutes sortes de malaises, de maladies, d'insécurité, d'anxiété.

    Il se sent "de trop", étranger au monde.

    Méditer c'est d'abord entrer dans la méditation et la louange de l'univers car "toutes ces choses savaient prier avant nous", disent les pères.
    L'homme est le lieu où la prière du monde prend conscience d'elle-même. L'homme est là pour nommer ce que balbutient toutes créatures.
    Avec la méditation d'Abraham, nous entrons dans une nouvelle et plus haute conscience qu'on appelle la foi, c'est-à-dire l'adhésion de l'intelligence et du coeur à ce "Tu" ou à ce "Toi" qui est, qui transparaît dans le tutoiement multiple de tous les êtres.
    Telle est l'expérience et la méditation d'Abraham : derrière le frémissement des étoiles, il y a plus que les étoiles, une présence difficile à nommer, que rien ne peut nommer et qui a pourtant tous les noms . . .

    Méditer comme Abraham c'est intercéder pour la vie des hommes, ne rien ignorer de leur pourriture et pourtant "ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu".

    Ce genre de méditation délivre le coeur de tout jugement et de toute condamnation, en tout temps et en tout lieu ; quelles que soient les horreurs qui lui soient données de contempler, il appelle le pardon et la bénédiction.

    C'est la mort de l'ego et la découverte du "Soi". Méditer comme Abraham, c'est adhérer par la foi à celui qui transcende l'Univers, c'est pratiquer l'hospitalité, intercéder pour le salut de tous les hommes. C'est s'oublier soi-même et rompre ses attaches les plus légitimes pour se découvrir soi-même, nos proches et tout l'Univers, habités de l'infinie présence de "Celui-là seul qui Est".


Méditer comme Jésus :

Jésus
    Et méditer comme Jésus, cela récapitule toutes les formes de méditation.

    Jésus est l'homme cosmique.
    Il savait méditer comme la montagne, comme le coquelicot, comme l'océan, comme la colombe. Il savait méditer aussi comme Abraham.

    Le coeur sans limites, aimant jusqu'à ses ennemis, ses bourreaux : "Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".

    Pratiquant l'hospitalité à l'égard de ceux qu'on appelait les malades et les pécheurs, les paralysés, les prostituées, les collabos . . .

    Bonne méditation




► Pour compléter ce dossier, je vous recommande de lire également la page     "Au-delà du pardon"

► Il est également possible de méditer en marchant : voir l'article "La marche consciente" sur la page     "Activité physique"


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